résumé(Chapitre par chapitre) :le dernier jour d'un condamé

CHAPITRE1
Depuis cinq semaines, un jeune prisonnier vit constamment avec l'idée de la mort. Il est doublement enfermé. Physiquement, il est captif dans une cellule à Bicêtre. Moralement, il est prisonnier d'une seule idée : condamné à mort. Il se trouve dans l'impossibilité de penser à autre chose.
CHAPITRE2
De sa cellule, le narrateur se souvient de son procès et de sa condamnation à mort. Il relate les circonstances de son procès et sa réaction au verdict fatal.
CHAPITRE3
Le condamné semble accepter ce verdict. Il ne regrette pas trop de choses dan,s cette vie où tous les hommes sont des condamnés en sursis. Peu importe ce qui lui arrive.
CHAPITRE4
Le condamné est transféré à Bicêtre. Il décrit brièvement cette hideuse prison.
CHAPITRE5
Le narrateur nous parle de son arrivée à la prison. Il a réussi à améliorer ses conditions de prisonnier grâce à sa docilité et à quelques mots de latin. Il nous parle ensuite de l'argot pratiqué en prison.
CHAPITRE6
Dans un monologue intérieur, le prisonnier nous dévoile sa décision de se mettre à écrire. D'abord, pour lui-même pour se distraire et oublier ses angoisses. Ensuite pour ceux qui jugent pour que leurs mains soient moins légères quand il s'agit de condamner quelqu'un à mort. C'est sa contribution à lui pour abolir la peine capitale.
CHAPITRE7
Le narrateur se demande quel intérêt peut-il tirer en sauvant d'autre têtes alors qu'il ne peut sauver la sienne.
CHAPITRE8
Le jeune condamné compte le temps qui lui reste à vivre. Six semaines dont il a déjà passé cinq ou même six. Il ne lui reste presque rien.
CHAPITRE9
Notre prisonnier vient de faire son testament. Il pense aux personnes qu'il laisse derrière lui : sa mère, se femme et sa petite fille. C'est pour cette dernière qu'il s'inquiète le plus
.
CHAPITRE10
Le condamné nous décrit son cachot qui n'a même pas de fenêtres. Il décrit aussi le long corridor longé par des cachots réservés aux forçats alors que les trois premiers cabanons sont réservés aux condamné à la peine capitale.
CHAPITRE11
Pour passer sa longue nuit, il se lève pour nous décrire les murs de sa cellule pleins d'inscriptions, traces laissées par d'autres prisonniers. L'image de l'échafaud crayonnée sur le mur le perturbe.
CHAPITRE12
Le prisonnier reprend sa lecture des inscriptions murales. Il découvre les noms de criminels qui ont déjà séjourné dans cette triste cellule.
CHAPITRE13
Le narrateur- personnage se rappelle d'un événement particulier qui a eu lieu il y a quelques jours dans le cour de la prison : le départ des forçats au bagne de Toulon. Il nous rapporte cet événement comme un vrai spectacle en trois actes : la visite médicale, le visite des geôliers et le ferrage. Il nous parle du traitement inhumain réservé à ces condamnés. A la fin du spectacle, il tombe évanoui.
CHAPITRE14
Quand il revient à lui, il se trouve dans l'infirmerie. D'une fenêtre , il peut observer les forçats partir tristement sous la pluie au bagne de Toulon. Il préfère plutôt la mort que les travaux forcés.
CHAPITRE15
Le prisonnier est dans sa cellule. Il avait senti un peu de liberté dans l'infirmerie mais voilà qu'il est repris par l'idée de la mort qu'il pense à s'évader.
CHAPITRE16
Le narrateur se rappelle de ces quelques heures de liberté à l'infirmerie. Il se souvient de cette jeune fille qu'il a entendu chanter de sa vois pure, veloutée une chanson en argot.
CHAPITRE17
Il pense encore à s'évader. Il s'imagine déjà en dehors de la prison dans le port pour s'embarquer vers l'Angleterre mais voilà qu'un gendarme vient demander son passeport : le rêve est brisé
CHAPITRE18
Il est six heures du matin. Le guichetier entre dans le cachot. Il demande à notre condamné ce qu'il désire à manger.
CHAPITRE19
Le directeur de la prison vient en personne voir le condamné. Il se montre doux et gentil. Le jeune comprend que son heure est arrivée.
CHAPITRE20
Le narrateur pense à son geôlier, à la prison qu'il trouve partout autour de lui, dans les murs, dans les guichetiers...
CHAPITRE21
Le condamné reçoit deux visites. D'abord celle du prêtre et puis celle de l'huissier. Ce dernier vient lui annoncer que le pourvoi est rejeté et que son exécution aura lieu le jour même place de Grève. Il reviendra le chercher dans une heure.
CHAPITRE22
Le prisonnier est transféré à la Conciergerie. Il nous conte le voyage et sa discussion avec le prêtre et l'huissier pendant le trajet. Il se montre peu bavard et parait plutôt pensif. A huit heures trente, la carriole est déjà devant la Cour.
CHAPITRE23
L'huissier remet le condamné aux mains du directeur. Dans un cabinet voisin, il fait une rencontre curieuse avec un le condamné à mort qui séjournera dans la même cellule à Bicêtre. Ce dernier, fils d'un ancien condamné à mort lui raconte son histoire et s'empare de sa redingote .
CHAPITRE24
Le narrateur est enragé parce que l'autre condamné lui a pris sa redingote.
CHAPITRE25
Le condamné est transféré dans une autre cellule. On lui rapporte, sur sa demande une chaise, une table, ce qu'il faut pour écrire et un lit.
CHAPITRE26
Il est dix heures. Le condamné plaint sa petite fille qui restera sans père. Elle sera peut être repoussée, haie à cause de lui.
CHAPITRE27
Le narrateur se demande comment on pouvait mourir sur l'échafaud.
CHAPITRE28
Il se rappelle avoir déjà vu une fois monter une guillotine sur la place de Grève.
CHAPITRE29
Le jeune détenu pense à cette grâce qui ne vient toujours pas. Il estime maintenant que les galères seraient meilleure solution en attendant qu'un jour la grâce arrive.
CHAPITRE30
Le prêtre revient voir le condamné. Celui-ci est loin d'apprécier sa présence. Ce prêtre parle machinalement et semble peu touché par la souffrance du prisonnier. Ensuite, et bien que la table soit délicate et bien garnie, il ne peut manger.
CHAPITRE31
Le narrateur est surpris de voir un monsieur prendre les mesures de la cellule. Ironie du sort : la prison va être rénovée dans six mois.
CHAPITRE32
Un autre gendarme vient prendre la relève. Il est un peu brusque. Il demande au prisonnier de venir chez lui après son exécution pour lui révéler les trois bon numéros gagnants à la loterie . Le condamné veut profiter de cette demande bizarre : il lui propose de changer ses vêtements avec lui. Le gendarme refuse ; il a compris que le prisonnier veut s'évader.
CHAPITRE33
Pour oublier son présent, le narrateur passe en revue ses souvenirs d'enfance et de jeunesse.Il s'arrête longuement sur le souvenir de Pepa, cette jeune andalouse dont il était amoureux et avec qui il a passé une belle soirée d'été.
CHAPITRE34
Au milieu de ses souvenirs de jeunesse, le condamné pense à son crime. Entre son passé et son présent, il y a une rivière de sang : le sang de l'autre ( sa victime) et le sien( le coupable)
CHAPITRE35
Le narrateur pense à toutes ces personnes qui continuent toujours à mener leur vie le plus normalement au monde.
CHAPITRE36
Il se rappelle ensuite du jour où il est allé voir la grande cloche (le bourdon) de Notre-Dame (cathédrale à Paris)
CHAPITRE37
Le narrateur décrit brièvement l'hôtel de ville.
CHAPITRE38
Il est une heure le quart. Le condamné éprouve une violente douleur. Il a mal partout. Il lui reste deux heures quarante cinq à vivre.
CHAPITRE39
On dit que sous la guillotine, on ne souffre pas, que cela passe vite. Le narrateur se demande comment on peut savoir une telle chose puisque aucun condamné déjà exécuté ne peut l'affirmer.
CHAPITRE40
Le jeune détenu pense au roi. C'est de lui que viendrait la grâce tant attendue. Sa vie dépend d'une signature. Il espère toujours.
CHAPITRE41
Le condamné se met dans la tête l'idée qu'il va bientôt mourir. Il demande un prêtre pour se confesser, un crucifix à baiser
CHAPITRE42
Il se laisse dormir un moment. C'est son dernier sommeil. Il fait un cauchemar et se réveille frémissant, baigné d'une sueur froide.
CHAPITRE43
La petite Marie vient rendre visite à son père. Ce dernier est choqué devant la fraîche et la belle petite fille qui ne le reconnaît pas. Elle croit que son père est mort. Le jeune condamné perd tout espoir.
CHAPITRE44
Le détenu a une heure devant lui pour s'habituer à la mort. La visite de sa fille l'a poussé dans le désespoir.
CHAPITRE45
Il pense au peuple qui viendra assister au « spectacle » de son exécution. Il se dit que parmi ce public enthousiaste, il y a des têtes qui le suivront , sans le savoir, dans sa fatale destination.
CHAPITRE46
La petite Marie vient de partir. Le père se demande s'il a le temps de lui écrire quelques pages. Il cherche à se justifiez devant les yeux de sa fille.
CHAPITRE47
Ce chapitre comporte une note de l'éditeur ; les feuillets qui se rattachent à celui-ci sont perdus ou peut être que le condamné n'a pas eu le temps de les écrire
CHAPITRE48
Le condamné est dans une chambre de l'hôtel de ville. A trois heures, on vient l'avertir qu'il était temps. Le bourreau et ses deux valets, lui coupent les cheveux et le collet avant de lier ses mains. Le convoi se dirige ensuite vers la place de Grève devant une foule de curieux qui attendent l'exécution.
CHAPITRE49
Le condamné demande sa grâce à cette personne qu'il croyait juge, commissaire ou magistrat. Il demande, par pitié, qu'on lui donne cinq minutes pour attendre la grâce. Mais le juge et le bourreau sortent de la cellule. Il reste seul avec le gendarme. Il espère encore mais voilà qu'on vient le chercher.

analyse Antigone de Jean Anouilh : Structure de la pièce

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Anouilh a repris le cadre général de la pièce de Sophocle. Le rideau s'ouvre au petit matin sur la ville de Thèbes, juste après la proclamation du décret de Créon, au sujet duquel Antigone s'oppose à sa soeur Ismène. Créon apprend d'un garde que le corps de Polynice a reçu les hommages funèbres, puis voit Antigone amenée devant lui et la condamne à mort. Hémon vient supplier son père, sans succès et s'enfuit. Antigone fait une dernière apparition, puis marche vers la mort. Un messager apporte sur scène la nouvelle du suicide d'Hémon, puis de la reine. Le rideau tombe sur Créon, qui reste seul sur une scène dévastée. Le texte d'Anouilh se présente comme une suite ininterrompue de répliques, sans aucune des divisions formelles qui font la tradition du théâtre français. Sans acte, sans scène, Antigone se veut dans sa présentation le récit continu d'une journée où se joue le destin de l'héroïne.
Anouilh ne se propose toutefois pas de révolutionner l'écriture théâtrale, et l'absence de divisions n'est qu'affaire de forme. La pièce se déroule de façon classique, rhytmée par les entrées et les sorties des personnages, qui permettent de restituer l'architecture traditionnelle des scènes et de proposer la numérotation suivante:

Pages           Scène                          Personnages
9-13                1                               Le Prologue
13-20              2                               Antigone, la Nourrice
21                    3                              Antigone, la Nourrice, Ismène
22-31              4                               Antigone, Ismène
31-36              5                               Antigone, la Nourrice
37-44              6                               Antigone, Hémon
45-46              7                               Antigone, Ismène
46-53              8                               Créon, le Garde
53-55              9                                Le Choeur
55-60             10                               Antigone, le Garde, le Deuxième Garde, le Troisième Garde
60-64             11                               Antigone, les Gardes, Créon
64-97             12                               Antigone, Créon
97-99             13                               Antigone, Créon, Ismène
99-100           14                               Créon, le Choeur
100-105         15                               Créon, le Choeur, Hémon
105-106         16                               Créon, le Choeur
106                 17                               Créon, le Choeur, Antigone, les Gardes
106-117          18                               Antigone, le Garde
117-119          19                                Le Choeur, le Messager
119-122          20                                Le Choeur, Créon, le Page
122-123          21                                Le Choeur, les Gardes

analyse Antigone de Jean Anouilh : Présentation de la pièce

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Il faut garder en mémoire que dans la pièce de Sophocle le personnage tragique n'est pas Antigone, mais Créon.
Comme OEdipe, son neveu, dont il prend la suite, Créon s'est cru un roi heureux. En cela, il fait preuve de
"démesure" (ubris, en grec), pour cela il doit être puni. Antigone est l'instrument des dieux, Hémon le moyen,
Créon la victime. Lui seul est puni en fin de compte. La mort d'Antigone n'est en rien une punition, puisqu'elle n'a
commis aucune faute, au regard de la loi divine - au contraire. La tragédie est celle d'un homme qui avait cru à
son bonheur et que les dieux ramènent aux réalités terrestres.
Représentée dans un Paris encore occupé, Antigone à sa création a suscité des réactions passionnées et
contrastées. Le journal collaborationniste Je suis partout porte la pièce aux nues : Créon est le représentant d'une
politique qui ne se soucie guère de morale, Antigone est une anarchiste (une "terroriste", pour reprendre la
terminologie de l'époque) que ses valeurs erronées conduisent à un sacrifice inutile, semant le désordre autour
d'elle. Des tracts clandestins, issus des milieux résistants, menacèrent l'auteur. Mais simultanément, on a
entendu dans les différences irréconciliables entre Antigone et Créon le dialogue impossible de la Résistance et
de la collaboration, celle-là parlant morale, et celui-ci d'intérêts. L'obsession du sacrifice, l'exigence de pureté de
l'héroïne triomphèrent auprès du public le plus jeune, qui aima la pièce jusqu'à l'enthousiasme. Les costumes qui
donnaient aux gardes des imperméables de cuir qui ressemblaient fort à ceux de la Gestapo aidèrent à la
confusion. Pourtant, même sur ces exécutants brutaux Anouilh ne porte pas de jugement : "Ce ne sont pas de
mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous
empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail, le cuir et le vin rouge et
ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d'euxmêmes
de la justice.". Et ne pas juger ces "auxiliaires de la justice", les excuser même, un an après la rafle du
Vel'd'Hiv peut paraître un manque complet de sensibilité - ou la preuve d'une hauteur de vue qui en tout cas
démarque la pièce de l'actualité immédiate.
Même si les positions politiques ultérieures d'Anouilh, et tout son théâtre, plein de personnages cyniques et
désabusés, le situent dans un conservatisme ironique, on peut postuler qu'Antigone est en fait une réflexion sur
les abominations nées de l'absence de concessions, que ce soit au nom de la Loi (Créon) ou au nom du devoir
intérieur (Antigone). C'est le drame de l'impossible voie moyenne entre deux exigences aussi défendables et
aussi mortelles, dans leur obstination, l'une que l'autre.

analyse Antigone de Jean Anouilh : Le contexte historique

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Antigone est une pièce des années noires, lorsque la France connaît la défaite face aux armées nazies et elle
tombe sous l'Occupation. Nous étudierons d'une part l'Occupation : la situation générale et ensuite la
radicalisation du régime de Vichy et d'autre part les origines historiques de la pièce.
En 1942, Jean Anouilh réside à Paris, qui est occupée par les Allemands depuis la débâcle de 1940 et l'Armistice.
La République a été abolie et remplacée par l'État français, sous la direction du maréchal Pétain. La France est
alors découpée en plusieurs régions : une zone libre au Sud, sous l'administration du régime de Vichy, une zone
occupée au Nord, sous la coupe des Allemands, une zone d'administration allemande directe pour les
départements du Nord et du Pas-de-Calais, rattachés à la Belgique, une zone annexée au Reich : l'Alsace-
Lorraine et enfin, une zone d'occupation italienne dans le Sud-Est (Savoie).
Refusant l'Armistice et le gouvernement de Vichy, le général Charles de Gaulle lance un appel aux Français le 18
juin 1940 depuis Londres et il regroupe ainsi autour de lui les Forces françaises libres (F.F.L.). C'est le début de
la Résistance. Le 23 septembre 1941, un "Comité national français" a été constitué, c'est une première étape
vers un gouvernement en exil. En métropole, la Résistance s'organise, tout d'abord de façon indépendante et
sporadique (qui se produit occasionnellement), puis en se rapprochant de de Gaulle sous la forme de réseaux,
comme Combat. En 1942, le mouvement a déjà pris une certaine ampleur qui se manifeste par des actes de
sabotage et des attentats contre des Allemands et des collaborateurs ; l'armée d'occupation réplique par des
représailles massives et sanglantes.
L'année 1942, marque un tournant décisif dans cette période. Les rapports de force se sont modifiés, car les
États-Unis viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. En France, le 19 avril 1942, Pierre Laval revient au
pouvoir après une éclipse d'un an et demi et accentue la collaboration avec Hitler. Dans un discours radiodiffusé
le 22 juin 1942, il déclare fermement : "Je souhaite la victoire de l'Allemagne" et il crée le Service du travail
obligatoire (S.T.O.) pour l'aider en envoyant des ouvriers dans leurs usines de guerre. La rafle du Vél. d'Hiv. le 16
juillet 1942 envoie des milliers de juifs, via Drancy, dans les camps de concentration de d'extermination.
Ce n'est qu'en 1944 que nazis et collaborateurs subissent de véritables revers. Le Comité national de la
Résistance (C.N.R.), institué le 15 mai 1943, fédère les différentes branches de la lutte antinazie et prépare
l'après-guerre. Le 6 juin 1944, le débarquement des Alliés en Normandie déclenche l'insurrection des maquis en
France et organise la reconquête du territoire français. Paris se soulève avant le moment prévu et se libère seul
fin août 1944.
Avant même que la guerre ne soit terminée, l'épuration se met en place : de nombreux sympathisants du régime
de Vichy sont jetés en prison et condamnés, certains sont exécutés, parfois sans procès ; les milieux culturels
(journalistes, écrivains et acteurs) ne sont pas épargnés. C'est dans ce climat troublé que de Gaulle regagne la
France et en assure dans un premier temps le gouvernement.
C'est à un acte de résistance qu'Anouilh doit l'idée de travailler sur le personnage d'Antigone. En août 1942, un
jeune résistant, Paul Collette, tire sur un groupe de dirigeants collaborationnistes au cours d'un meeting de la
Légion des volontaires français (L.V.F.) à Versailles, il blesse Pierre Laval et Marcel Déat. Le jeune homme
n'appartient à aucun réseau de résistance, à aucun mouvement politique ; son geste est isolé, son efficacité
douteuse. La gratuité de son action, son caractère à la fois héroïque et vain frappent Anouilh, pour qui un tel
geste possède en lui l'essence même du tragique. Nourri de culture classique, il songe alors à une pièce de
Sophocle, qui pour un esprit moderne évoque la résistance d'un individu face à l'État. Il la traduit, la retravaille et
en donne une version toute personnelle.
La nouvelle Antigone est donc issue d'une union anachronique, celle d'un texte vieux de 2400 ans et d'un
événement contemporain.

analyse Antigone de Jean Anouilh : Fiche signalétique

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Le texte de référence est celui publié par les Éditions de la Table Ronde, en 1999.
La pièce est composée sous sa forme quasi-définitive en 1942, et reçoit à ce moment l'aval de la censure
hitlérienne. Elle n'est jouée la première fois que deux ans après, le 4 février 1944, au théâtre de l'Atelier à Paris,
sans doute à cause de difficultés financières. Après une interruption des représentations en août 1944, due aux
combats pour la libération de Paris, elles reprennent normalement.
Antigone sera ensuite à nouveau représenté à Paris en 1947, 1949 et 1950 mais aussi dès mai 1944 à Bruxelles,
en 1945 à Rome, et en 1949 à Londres.

analyse Antigone de Jean Anouilh : Résumé

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Tragédie en prose , en un acte.
Le personnage baptisé le Prologue présente les différents protagonistes et résume la
légende de Thèbes ( Anouilh reprend cette tradition grecque qui consiste à confier à
un personnage particulier un monologue permettant aux spectateurs de se rafraîchir
la mémoire. Le Prologue replace la pièce dans son contexte mythique). Toute la
troupe des comédiens est en scène. Si certains personnages semblent ignorer le
drame qui se noue, d'autres songent déjà au désastre annoncé.
Antigone rentre chez elle , à l'aube, après une escapade nocturne. Elle est surprise par
sa nourrice qui lui adresse des reproches. L'héroïne doit affronter les questions de sa
nounou. Le dialogue donne lieu à un quiproquo . La nourrice prodigue des conseils
domestiques ( " il va falloir te laver les pieds avant de te remettre au lit") tandis
qu'Antigone évoque son escapade avec beaucoup de mystère ( " oui j'avais un rendezvous")
. Mais elle n'en dira pas plus.
La nourrice sort et Ismène, la soeur d'Antigone, dissuade cette dernière d'enfreindre
l'ordre de Créon et d'ensevelir le corps de Polynice. Ismène exhorte sa soeur à la
prudence ("Il est plus fort que nous, Antigone, il est le roi") . Antigone refuse ces
conseils de sagesse . Elle n'entend pas devenir raisonnable.
Antigone se retrouve à nouveau seule avec sa nourrice. Elle cherche à surmonter ses
doutes et demande à sa nourrice de la rassurer. Elle tient aussi des propos ambigus
pour ceux ( et c'est le cas de la nourrice) qui ne connaissent pas son dessein . Elle
semble décidée à mourir et évoque sa disparition à mots couverts " Si, moi , pour une
raison ou pour une autre, je ne pouvais plus lui parler...".
Antigone souhaite également s'expliquer avec son fiancé Hémon. Elle lui demande de
le pardonner pour leur dispute de la veille. Les deux amoureux rêvent alors d'un
bonheur improbable. Sûre d'être aimée , Antigone est rassurée. Elle demande
cependant à Hémon de garder le silence et lui annonce qu'elle ne pourra jamais
l'épouser. Là encore , la scène prête au quiproquo : le spectateur comprend
qu'Antigone pense à sa mort prochaine, tandis qu'Hémon , qui lui n'a pas percé le
dessein d'Antigone, est attristé de ce qu'il prend pour un refus.
Ismène revient en scène et conjure sa soeur de renoncer à son projet. Elle affirme
même que Polynice, le "frère banni", n'aimait pas cette soeur qui aujourd'hui est prête
à se sacrifier pour lui.
Antigone avoue alors avec un sentiment de triomphe, qu'il est trop tard, car elle a
déjà , dans la nuit, bravé l'ordre de Créon et accompli son geste " C'est trop tard. Ce
matin , quand tu m'as rencontrée , j'en venais."
Jonas, un des gardes chargés de surveiller le corps de Polynice, vient révéler à Créon,
qu'on a transgressé ses ordres et recouvert le corps de terre. Le roi veut croire à un
complot dirigé contre lui et fait prendre des mesures pour renforcer la surveillance du
corps de Polynice. Il semble également vouloir garder le secret sur cet incident : " Va
vite. Si personne ne sait, tu vivras."
Le choeur s'adresse directement au public et vient clore la première partie de la pièce.
Il commente les événements en exposant sa conception de la tragédie qu'il oppose au
genre littéraire du drame. Le choeur affiche également une certaine ironie et dévoile
les recettes de l'auteur : "c'est cela qui est commode dans la tragédie. On donne un
petit coup de pouce pour que cela démarre... C'est tout. Après on n'a plus qu'à laisser
faire. On est tranquille. Cela roule tout seul."
Antigone est traînée sur scène par les gardes qui l'ont trouvée près du cadavre de son
frère. Ils ne veulent pas croire qu'elle est la nièce du roi , et la traitent avec brutalité.
Ils se réjouissent de cette capture et des récompenses et distinctions qu'elle leur
vaudra.
Créon les rejoint. Les gardes font leur rapport . Le roi ne veut pas les croire. Il
interroge sa nièce qui avoue aussitôt. Il fait alors mettre les gardes au secret, avant
que le scandale ne s'ébruite.
Créon et Antigone restent seuls sur scène. C'est la grande confrontation entre le roi et
Antigone. Le roi souhaite étouffer le scandale et ramener la jeune fille à la raison.
Dans un premier temps , Antigone affronte Créon qui tente de la dominer de son
autorité.
Les deux protagonistes dévoilent leur personnalité et leurs motivations inconciliables.
Créon justifie les obligations liées à son rôle d'homme d'état . Antigone semble sourde
à ses arguments : (Créon : Est ce que tu le comprends cela ? Antigone : " Je ne veux
pas le comprendre.") . A court d'arguments Créon révèle les véritables visages de
Polynice et d'Etéocle et les raisons de leur ignoble conflit. Cet éclairage révolte
Antigone qui semble prête à renoncer et à se soumettre. Mais c'est en lui promettant
un bonheur ordinaire avec Hémon, que Créon ravive son amour-propre et provoque
chez elle un ultime sursaut. Elle rejette ce futur inodore et se rebelle à nouveau. Elle
choisit une nouvelle fois la révolte et la mort.
Ismène , la soeur d'Antigone entre en scène alors que cette dernière s'apprêtait à
sortir et à commettre un esclandre , ce qui aurait obligé le roi à l'emprisonner. Ismène
se range aux côtés d'Antigone et est prête à mettre elle aussi sa vie en jeu. Mais
Antigone refuse , prétextant qu'il est trop facile de jouer les héroïnes maintenant que
les dés ont été jetés. Créon appelle la garde , Antigone clôt la scène en appelant la
mort de ses cris et en avouant son soulagement ( Enfin Créon !)
Le choeur entre en scène. Les personnages semblent avoir perdu la raison, ils se
bousculent. Le choeur essaye d'intercéder en faveur d'Antigone et tente de convaincre
Créon d'empêcher la condamnation à mort d'Antigone. Mais le roi refuse , prétextant
qu'Antigone a choisi elle-même son destin, et qu'il ne peut la forcer à vivre malgré
elle.
Hémon vient lui aussi, ivre de douleur, supplier son père d'épargner Antigone, puis il
s'enfuit.
Antigone reste seule avec un garde. Elle rencontre là le "dernier visage d'homme". Il
se révèle bien mesquin, et ne sait parler que de grade et de promotion. Il est incapable
d'offrir le moindre réconfort à Antigone. Cette scène contraste, par son calme, avec le
violent tumulte des scènes précédentes. Apprenant qu'elle va être enterrée vivante,
éprouvant de profonds doutes ( " Et Créon avait raison, c'est terrible maintenant, à
côté de cet homme, je ne sais plus pourquoi je meurs." , Antigone souhaite dicter au
garde une lettre pour Hémon dans laquelle elle exprime ses dernières pensées. Puis
elle se reprend et corrige ce dernier message ( "Il vaut mieux que jamais personne ne
sache"). C'est la dernière apparition d'Antigone.
Le messager entre en scène et annonce à Créon et au public la mort d'Antigone et la
mort de son fils Hémon. Tous les efforts de Créon pour le sauver ont été vains. C'est
alors le choeur qui annonce le suicide d'Eurydice, la femme de Créon : elle n'a pas
supporté la mort de ce fils qu'elle aimait tant. Créon garde un calme étonnant . Il
indique son désir de poursuivre " la salle besogne " sans faillir. Il sort en compagnie
de son page.
Tous les personnages sont sortis. Le choeur entre en scène et s'adresse au public : Il
constate avec une certaine ironie la mort de nombreux personnages de cette tragédie :
"Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris." La mort a triomphé de
presque tous . Il ne reste plus que Créon dans son palais vide . Les gardes , eux
continuent de jouer aux cartes , comme ils l'avaient fait lors du Prologue. Ils semblent
les seuls épargnés par la tragédie. Ultime dérision.

Champ Lexical

La notion de champ lexical
Définition :
On appelle champ lexical l'ensemble des mots qui, dans un texte, se rapportent à une
même réalité ou à une même idée. Ces mots ont pour point commun d'être
synonymes, d'appartenir à la même famille, au même domaine ou encore de
renvoyer à la même notion. Le champ lexical renseigne sur le thème du texte.
Exemple : Voici des mots appartenant au champ lexical du travail :
- des synonymes : labeur ouvrage
- des mots de la même famille : travailler, travailleur
- des mots de même domaine : cartable, manuels scolaires, bureau
- des mots signifiant la même notion : devoirs, exercices, leçons
Remarque importante: le champ lexical peut regrouper des termes dont les
dénotations (=significations) sont voisines.
L'étude des champs lexicaux révèle les thèmes d'un texte. Il existe des champs
lexicaux que l'on trouve de façon très fréquente dans les textes et qu'il est donc
intéressant de chercher systématiquement à repérer, en tenant compte des différents
modes de classement. Ce sont, par exemple:
- le champ lexical de l'abstrait (le vocabulaire de la pensée) et du concret (le
vocabulaire du monde matériel)
- les champs lexicaux opposés:
l'action et l'immobilité
la vie et la mort
le silence et le bruit
la lumière et l'obscurité
- les 5 sens:
la vue
l'ouïe
le toucher
l'odorat
le goût
- le champ lexical de l'affectivité et des sentiments
- le champ lexical de l'appréciation positive ou négative...
1. Un seul champ lexical peut former le thème principal du texte, mais le passage
d'un champ lexical à un autre est aussi très fréquent.
Ces différents champs lexicaux peuvent alors se succéder, s'entrecroiser, être
comparés les uns aux autres : leur étude permet de mieux comprendre les
associations mentales de l'auteur. On peut ainsi analyser le texte de manière
précise et en donner une interprétation